Alimentation en eau
Rigoles
- La rigole de Torcy à partir du moulin de Vilet,
- La rigole de Marigny à partir du moulin des Panneceaux,
- La rigole de Saint-Julien qui récupère les eaux de la Chapelle, de la Seaugie et des Beaudots, ruisseau de l’étang de Bondilly.
Une rigole de la Cozanne est alors envisagée : « on n’a pas formé la rigole de la Dheune du côté du midi, quoique ce fut celle qui amènerait la plus grande quantité d’eau au canal […] ».3
Réservoirs
Dans son analyse du régime primitif de l’alimentation du canal du Centre, Comoy répertorie ces trois rigoles, longues de 35 kilomètres au total, qui récupèrent l’eau de plusieurs ruisseaux et traversent un étang de dépôt avant de se jeter dans le bief de partage. Des réservoirs ont été aménagés en tête de certaines d’entre elles, ainsi qu’un réservoir dit « de dépôt » situé à proximité du bief de partage. Quinze à vingt étangs sont envisagés, certains à construire, d’autres préexistants à détourner de leur fonction initiale. Gauthey4 insiste beaucoup sur cette gestion de l’eau qui évite les dépôts : les contre-fossés permettent de ne pas introduire d’eau trouble, les aqueducs emmenant celle des orages et des ruisseaux de l’autre côté du canal également. Il explique n’avoir gardé que les étangs qui avaient des eaux toujours claires afin de compenser les pertes dues aux infiltrations et à l’évaporation.
Le cadastre napoléonien fait apparaître la situation complexe du bassin hydrographique où se situe le bief de partage. En 1812, sur la commune de Saint-Laurent-d’Andenay, l’étang de Montchanin était alimenté par des chapelets d’étangs : le plus important étant celui venu de Torcy jusqu’à l’étang de la Muette par la rigole de Torcy et regroupant successivement les eaux des étangs du Grand Guillemet, du Petit Guillemet, de la Ravarde, Saint-Pierre, Etang-Neuf.
L’un des intérêts de ces chapelets est donné par Gauthey lui-même5 : l’eau a ainsi le temps de perdre ses impuretés qui pourraient venir se déposer dans le canal. « On a pris le parti de se servir d’un grand étang pour former le point de partage, et de lui donner assez de profondeur pour le faire baisser de 8 à 10 décimètres sans gêner la navigation pendant plusieurs jours de suite, sans tirer aucune eau des étangs de dépôt, dans le cas où elles ne seraient pas parfaitement claires. » Les étangs de la Muette et de la Corne-au-Vilain récupèrent les eaux des deux de Torcy grâce à la rigole du même nom. L’étang de la Motte reçoit les eaux de la rigole régulatrice de l’échelle d’écluses d’Ecuisses et de l’étang de Bondilly.
Prises d’eau
© P.-M. Barbe-Richaud, Service Patrimoine et inventaire, Région Bourgogne, 2013.
Comoy répertorie également sept prises d’eau pérennes : deux sur le versant Saône (Dheune, Thalie), cinq sur le versant Loire (Bourbince, Montceau, Vernois, Ciry et Digoine). Trois réservoirs secondaires alimentent le versant Saône (Lamotte, Villeneuve, Morey) et deux, le versant Loire (Volèvre [sic] et Colayot).
A la construction, les Mémoires de Gauthey indiquent des prévisions d’eau suffisantes. Ce dispositif devait faire passer 235 bateaux par jour en moyenne et 36 au minimum. Dès 1791, l’ingénieur se rend compte des fuites trop importantes versant Méditerranée, en particulier sur la tranchée de Chagny. La navigation devient alors impossible et ne rouvre qu’en 1793.